Histoire du vin de Bourgogne
Histoire du vin de Bourgogne

Le véritable essor de la qualité du vin de Bourgogne est lié à l'activité des moines bénédictins et cisterciens, au début du deuxième millénaire. Mais l'origine de la vigne en Bourgogne est plus ancienne, L'histoire des vins de Bourgogne peut être résumée en quelques étapes importantes.

naissance du vignoble
La date de naissance du vignoble de Bourgogne reste floue. Certains avancent que l'apparition du vignoble bourguignon daterait du Vlème siècle avant J.C., d'autres entre le ler et le lllème siècle après J.C., lors des invasions romaines. Le texte le plus ancien faisant référence à la vigne et au vin de la région date de l’an 312. Il s’agit d’un discours d’un nommé Eumene qui atteste la présence de la vigne. Au Vlème siècle, Grégoire de Tours célèbre "la côte couverte de vigne".

premier essor: le vin des moines
Au Xème siècle, l'aristocratie et les communautés religieuses étaient les propriétaires des vignobles. Les moines, qui ne cherchaient pas une rentabilité immédiate, ont œuvré avec le souci permanent d'atteindre la perfection (étude sur les meilleures souches, taille, prélèvement des boutures, greffage, méthodes de vinification, dégustations comparatives. Leur plus grande contribution au monde du vin est l'invention de la notion de climat. En créant les clos et la notion de climat, les moines ont donné aux vins de Bourgogne leur identité.


deuxième essor: les Ducs de Bourgogne
Le Premier Duc de Bourgogne est Philippe de VALOIS, dit Philippe LE HARDI, qui, par son mariage avec Marguerite de FLANDRES, à la fin du XIVème siècle, double la surface de la Bourgogne et y adjoint la Flandres. Il a permis aux vins de Bourgogne, connus sous le nom de vins de Beaune, d'étendre plus loin leur réputation. En l'espace de quatre générations, les quatre Ducs de Valois (Philippe LE HARDI (1342-1404), Jean SANS PEUR (1371-1419), Philippe LE BON (1396-1467), Charles LE TEMERAIRE (1433-1477))ont fait de la Bourgogne un état totalement indépendant du Royaume de France, et dont la puissance et la prospérité ont valu pour un temps au vin de Beaune de devenir le plus célèbre vin du monde. Par ailleurs, n’ayant aucun débouché fluvial efficace, la recherche de la qualité était indispensable pour que le prix du vin soit supérieur à son prix de transport. De sorte que les Ducs ont édictés quelques règles destinées à garantir un bon niveau de qualité aux vins de leur région. Les moines avaient fait du vin de Bourgogne un grand produit, mais austère et fermé. Les grands Ducs en ont fait un produit brillant, ouvert, à la mode. Un produit de commerce haut de gamme pour l'exportation.

Le 18ème siècle: le rôle des négociants
L’amélioration du réseau routier au XYlllème siècle a considérablement favorisé les échanges commerciaux avec Paris et, par l'intermédiaire des grands ports d'Europe du nord, avec le reste du Monde. Les premiers négociants étaient de simples commissionnaires. Mais à la fin du XVlllème siècle, certains d'entre eux ont pu s'installer vraiment et donner aux vins qu'ils stockaient dans leurs caves, tous les soins nécessaires (fûts neufs, soutirage, élevage). Peu à peu est venue l'habitude de produire des vins de plus longue garde avec l'usage de la bouteille (1750).

le grand essor: le 19ème siècle
Pour le vignoble de Bourgogne, le XIXème siècle (1789-1914) est le symbole du progrès et celui de l'essor. A la Révolution, la confiscation des terres de l'Eglise par l'Etat, et leur revente aux enchères comme biens nationaux, sont à l'origine de l'actuel morcellement des vignobles.Dans le courant du XIXème siècle, l'expansion du commerce des vins de Bourgogne est étroitement liée au développement des transports et du libre échange:
- ouverture du canal de Bourgogne en 1832,
- création de la voie de chemin de fer entre Paris et Dijon en 1851,
- traité de libre échange du Second Empire avec l'Allemagne, la Belgique, la Hollande et la Grande-Bretagne. Mais en 1875, le phylloxéra apparaît en Bourgogne et décime le vignoble…

Les garanties de la qualité: naissance des Appellations d'Origine Contrôlées (A.O.C.)
A la reconstitution du vignoble au début du XXème siècle, les vins de Bourgogne se sont trouvés en position de concurrence déloyale, ce qui a valu la mise en place d'un cortège de lois en 1905, 1919 et enfin la création de l'I.N.A.O. en 1935 dont la réglementation détermine toujours aujourd'hui les conditions de production de nos vins.



LA COTE DE NUITS
Le vignoble de la Côte de Nuits s'étend sur 8 villages de Dijon à Corgoloin sur 20 kilomètres et près de 3.000 hectares en production. 28% de la superficie sont couverts par les appellations régionales (840 ha), 62% en appellations communales et premiers crus (1.860 ha) et 10% en appellations Grands Crus (300 ha). Le sol est calcaire du Jurassique moyen, et très pierreux. Les cépages utilisés pour les vins rouges (92% de la production) sont essentiellement le Pinot Noir et un peu le Gamay, tandis que le Chardonnay et l'Aligoté sont utilisés pour les vins blancs (8% de la production).C'est dans cette partie du vignoble que sont produit tous les Grands Crus rouges de Bourgogne à l'exception du Corton (Côte de Beaune).

Origine des noms des grands crus de la Côte de Nuits:

GEVREY-CHAMBERTIN : 9 grands crus

  • le Chambertin (1 2,9 ha) était le champ d’un certain “Bertin”.
  • Chambertin-Clos de Bèze (15,4 ha) cette parcelle appartenait aux moines de l’abbaye de Bèze qui y avaient planté la vigne en 630.
  • Charmes-Chambertin ou Mazoyères-Chambertin (3 1 ha) : “Charme” en bourguignon désigne d’anciens champs cultivés et retournés à la friche.
  • Chapelle-Chambertin (5,5 ha) : il existait à cet endroit une chapelle des moines de l’abbaye de Bèze.
  • Griotte-Chambertin (2,7 ha) : endroit où auraient poussé des cerisiers sauvages.
  • Latricières-Chambertin (7,5 ha) : vraisemblablement une contraction de “la tricière” qui signifie terre de petite valeur.
  • Mazis-Chambertin (9 ha) : en patois, “mazis” signifie petites maisons.
  • Ruchottes-Chambertin (3,5 ha) : “ruchots” signifie lieu qui renferme des rochers.

MOREY-SAINT-DENIS : 4 grands crus
  • Clos-Saint-Denis (6,6 ha) ce clos appartenait à la collégiale de Saint Denis de Vergy.
  • Clos de la Roche (17 ha) parcelle qui est sur la roche.
  • Clos des Lambrays (8,8 ha) compilation de 3 lieux-dits du cadastre de 1 826.
  • Clos de Tart (7,5 ha) ce clos appartenait au Xllème siècle aux Bernardines de l’abbaye de Tart près de Genlis.

CHAMBOLLE-MUSIGNY : 2 grands crus

  • Musigny (10,7 ha) : il existait à cet endroit un habitat gallo-romain dont le propriétaire s’appelait “Musinus”.
  • Bonnes Mares (15 ha) existence à cet endroit, de bas-reliefs représentant la Trinité féminine protectrice des récoltes, les “Matronae “ou les “ Déesses mères “.

VOUGEOT: 1 grand cru
  • Clos de Vougeot (50,6 ha) : Vougeot provient du nom de la rivière qui coule à proximité du clos, la Vouge.

VOSNE-ROMANEE : 8 grands crus
  • Echezeaux (36 ha) : “échezeaux” est un dérivé d’un nom latin signifiant “bâtisses”, il indique la présence de ruines gallo romaines.
  • Grands-Echézeaux (9,1 ha).
  • La Romanée (0,85 ha) : “romanée” atteste de la culture de la vigne par les Romains.
  • La Romanée-Conti (1,8 ha) : la parcelle avait été achetée par le Prince de Conti.
  • Romanée Saint-Vivant (9,4 ha) cette parcelle avait été donnée par la maison de Vergy aux moines de l’abbaye de Saint-Vivant au Xlllème siècle.
  • Richebourg : (8 ha) : mot vraisemblablement de formation germanique (composé en -burg).
  • La Tâche (6, 1 ha) les terres y étaient travaillées à la “tâche”, c’est-à-dire dans un temps déterminé.
  • La Grande Rue (1,6 ha) elle s’étale tout en longueur comme une rue qui relierait le village à la montagne.


LA COTE DE BEAUNE
Le vignoble de la Côte de Beaune s’étend sur environ 20 kilomètres entre Ladoix-Serrigny et Maranges et couvre une vingtaine de communes et envi ron 5.000 hectares. Le sol est marno-calcaire du Jurassique moyen et supérieur, les cépages sont les mêmes que ceux utilisés en Côte de Nuits.
1 .500 hectares produisent des appellations régionales (30% de la superficie), 3.250 hectares des appellations communales et ler crus (65% de la superficie) et 250 hectares des appel!ations Grands Crus (5% de la superfi cie). Les proportions entre vins rouges et vins blancs sont respectivement de 70 et 30%.
La Côte de Beaune est à l’origine de tous les grands crus blancs de Bourgogne à l’exception du Musigny (Côte de Nuits) et du Chablis grand cru. On y produit aussi un grand cru rouge : le Corton.

Origine du nom des grands crus de la Côte de Beaune

CHASSAGNE-MONTRACHET ET PULIGNY-MONTRACHET: 2 grands crus

  • Le Montrachet (8 ha) : “rachet” signifie chauve. Il s’agit donc du Mont Rachet, mont chauve avec une robuste charpente, austère et dénudé.
  • Bâtard-Montrachet (11 ,9 ha) : cf. Chevalier-Montrachet.
    Chassagne-Montrachet: 1 grand cru
  • Criots-Bâtard-Montrachet (1,6 ha) : criots” signifie “crai” et désigne une terre pierre et calcaire.
    Puligny-Montrachet : 2 grands crus
  • Chevalier-Montrachet (7,6 ha) on raconte qu’au Moyen-Age, le seigneur
    de Puligny partagea ses terres entre ses enfants : le fils aîné ou Chevalier
    les filles ou Pucelles et le Bâtard.
  • Bienvenues-Bâtard-Montrachet (3,7 ha).
    Aloxe-Corton, Ladoix-Serrigny, Pernand : 3 grands crus
  • Corton (160 ha) : toponyme romanisé qui indiquait l’existence d’un domaine rural (curtis).
  • Corton-Charlemagne (72 ha) : cette parcelle appartenait à Charlemagne.
  • Charlemagne
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